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CAMPUS VERT D'AZUR ANTIBES

ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL, TECHNOLOGIQUE ET PROFESSIONNEL SCIENCES ET ENVIRONNEMENT - PAYSAGE - VÉGÉTAL- ÉQUESTRE

Visite de la Ruche Qui Dit Oui !

avec les stagiaires BP Responsable d'Entreprise Agricole

Ce 22 novembre, nous avons reçu la visite de Virgine Bordot, responsable du site internet « La Ruche qui dit oui ! » et de la vente de ses produits à Antibes, qui nous a expliqué le fonctionnement de cette reine du circuit court alimentaire.

La start up « La Ruche qui dit oui ! » a vu le jour à Paris en 2011 pour permettre aux consommateurs désireux de mieux manger d’acheter des produits bio et locaux.
C’est une plate-forme sophistiquée qui met en relation les producteurs de la région, l’acheteur final et un animateur local qui organise la rencontre physique.
Le principe : vendre de vrais produits du terroir et saisonniers, dans un rayon de 250 kilomètres maximum autour d’un lieu de distribution, tout en rémunérant les producteurs au juste prix. On y trouve toute sorte de produits locaux : viande, poisson, pain, fromage, légumes, fruits, œufs, épicerie…
Pour profiter de ces produits, il faut s’inscrire gratuitement et sans engagement sur le site d’une Ruche existant près de chez soi, passer sa commande en ligne, puis venir la récupérer une fois par semaine, dans un créneau horaire limité. Chacun est libre de commander ce qu’il veut quand il veut.
Depuis ses débuts « La Ruche qui dit oui ! » a essaimé en Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne, Suisse…) et continue de séduire les Français avec plus de 700 Ruches en France, à la ville comme à la campagne.

Ainsi, c’est parmi les 44 Ruches de la région PACA et les 13 des Alpes-Maritimes que Virginie Bordot dirige, depuis 2015, le site de sa Ruche à Antibes dont le point de distribution est situé au lycée horticole. Chaque semaine, selon les productions, une cinquantaine de commandes de produits locaux passent par le site de Virginie.
La quarantaine de producteurs, bio ou pas (10 % de bio actuellement), qui fournissent la Ruche travaillent dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Alpes-de-Haute-Provence, se situant à moins de 80 kms d’Antibes. Une proximité gage de produits frais, récoltés selon les saisons. Certaines semaines, les produits de la Ruche d’Antibes parcourent en moyenne 18 km avant d'arriver dans les paniers du client. Dans les circuits traditionnels, ils parcourent souvent plusieurs milliers de kilomètres...
Pour le client, pas d'abonnement, contrairement aux AMAP. Il suffit de s'enregistrer sur le site puis de faire son marché virtuel en fonction des offres proposées.
On valide son panier, on paye par carte bancaire puis on se rend sur place au marché éphémère qui se tient, chaque vendredi de 17h30 à 19h30, sur le parking du lycée horticole.
L'occasion pour l’acheteur de rencontrer en chair et en os les producteurs participants à la distribution et de discuter avec eux de leurs produits.
Un vendeur peut regrouper les commandes de ses collègues (arrêtées au mardi) afin d’éviter tout déplacement inutile et tout gâchis de marchandise. Pour les autres vendeurs les produits sont envoyés via « chronofresh » à la responsable de la Ruche d’Antibes qui les réceptionne pour les distribuer le vendredi suivant.
«Les commandes étant fixées d'avance, un producteur sait qu'il ne repartira pas du marché avec un stock d'invendus», explique Virginie Bordot.
De même, le client qui a fait son choix sur internet est avisé lorsque des produits manquent à l'appel lors du prochain marché en fonction des aléas climatiques (pluie, gel ou baisse de la production). Dans ce cas, « le client est informé au préalable par mail que tel ou tel produit manque. Lorsque vous passez commande, la somme à payer n'est pas débitée. Elle le sera après la distribution en tenant compte bien sûr des produits qui font défaut. On signe le bon de commande à ce moment-là, avec une facture», explique la responsable de la Ruche.
Attention, si vous n'avez pas passé commande au préalable, vous ne pourrez rien acheter sur le marché ! Les producteurs fournisseurs de la Ruche d’Antibes sont issus de petites et moyennes exploitations de la région.
Ils s’inscrivent et créent un catalogue de produits qu’ils veulent vendre en renseignant le prix et la quantité souhaités. Il remplissent par la même occasion une fiche descriptive de leurs exploitation et production qui est consultable sur le site par les clients ainsi qu’une fiche attestant leur activité de producteur et non revendeur avec pièces justificatives (attestation MSA, certification bio si c’est le cas…).

Pour vérification une visite de l’exploitation est faite par Virginie Bordot.
Les avantages de ce moyen de commercialisation sont nombreux pour les producteurs en comparaison des inconvénients : pas de frais d’inscription, prix fixé par le producteur, fréquence d’approvisionnement choisie par le producteur, un minimum de commande exigé par le producteur, délai de paiement rapide (entre 1 à 2 semaines), publicité et visibilité auprès de la clientèle ; commission de 20 % pour « La Ruche qui dit oui! » (12 % pour le site à Paris et 8 % pour le responsable de la Ruche vendeur).
Au final, le producteur touche 80 % du produit de ses ventes. Dans l’alimentaire, en moyenne, sur 100 euros de produit vendu, ce sont plutôt 20 euros qui reviennent au producteur.
Malgré cette commission les prix proposés par la Ruche sont dans la moyenne du marché.
Les producteurs ont également la possibilité d’écouler un surplus de production aux clients via l’application mobile de « La Ruche qui dit oui ! ».
Au bout du compte ce moyen de commercialisation via la Ruche peut représenter 20 à 30 % du chiffre d’affaire d’un producteur.
Le site peut aussi apporter aux producteurs des opérations de communication pour certains projets à l’agrandissement par exemple (via le site de financement participatif kisskissbankbank).

Enfin, Virginie Bordot nous a fait part des difficultés actuelles du site avec des commandes en baisse depuis deux ans à cause de la concurrence grimpante dans la vente des produits locaux (locavor.fr, cagette.net, grandes surfaces…).
Le chiffre d’affaire est d’environ 1500 euros par semaine pour la Ruche.

Article : Daniel Pieters (stagiaire BP REA)